Marguerite Duras, des nos premieres lignes de L’Amour, par l’economie des moyens, suggere du regard le plus penetrant, observe ses personnages, leurs mouvements, le paysage au sein d’ lequel ils evoluent.

Marguerite Duras, des nos premieres lignes de L’Amour, par l’economie des moyens, suggere du regard le plus penetrant, observe ses personnages, leurs mouvements, le paysage au sein d’ lequel ils evoluent.

Cette simplicite induit une emotion nourrie du depouillement des etres devant l’absurde, la meme emotion que l’on ressent en parcourant d’la poesie sauf qu’ici ce n’est aucun la poesie.

« Jour » : une soudaine lumiere en un seul mot comme un choc concernant le lecteur qui se laisse mettre. On entre aussi dans autre chose. Meme si l’histoire parai®t banale – mais Cela reste vrai qu’on avance sans vraiment comprendre dans un mystere et un monde nouveaux – Duras menage presque a chaque page des surprises avec ses flashes inattendus. Mais elle en dit plus qu’elle n’en a l’air. D’une femme « pale » chaque lecteur degage ce qu’il sent : la maladie, la solitude qui ne sont pas dites, tel s’il y avait absence de vie interieure. Les yeux « s’ouvrent douloureusement », plus loin le geste une femme est « d’une tendresse desesperee ». Mais que valent ces hypallages par rapport a une poetique qui est ici celle du corps ? Mes mots « crient », « devorent », « sang », continuent a faire choc comme le mot « enfant » qui contrastent inhabituellement avec « plaisir ».

Paradoxalement, si elle ne comporte aucune trace de lyrisme, l’ecriture durassienne est porteuse d’une emotion qui la rend proche d’une poesie.

L’ecrivaine peint avec touches juxtaposees sans adjectifs, sans nuances donc. Elle filme partout ou a son regard, contemporaine via un art qui, chez elle, se depouille, ne tient avec que dalle, a J’ai limite d’un silence qui fait bien miraculeusement musique. Continue Reading Marguerite Duras, des nos premieres lignes de L’Amour, par l’economie des moyens, suggere du regard le plus penetrant, observe ses personnages, leurs mouvements, le paysage au sein d’ lequel ils evoluent.